Cas d’école

Cas d'école - affiche

Cas d’école

« Attention : presse ! »
« Faut-il avoir peur des journalistes ? »
« Médias : polémique sur leur dangerosité »
Il est toujours possible de rêver, mais il y a très peu de chance de voir un jour étaler ces titres accrocheurs à la Une des médias.
Pourtant, les dégâts provoqués par l’hystérie médiatique sont légion. En décembre 2004, par exemple, bien plus qu’un fiasco judiciaire, c’est l’état avancé de déliquescence du travail journalistique, que révèle l’affaire Outreau. Entre temporalité effrénée de la production, concurrence exacerbée entre organes de presse et hégémonie du fait-divers, apparaissent au grand jour les dommages occasionnés par ce « travail » sur le quotidien des magistrats, des services sociaux, des psychologues.

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Dix ans après, le phénomène n’a fait que prendre de l’ampleur. Professeurs de morale, procureurs sociétaux, les médias passent leur temps à distribuer des bons… ou (plus souvent) des mauvais points aux agents sociaux que sont les enseignants, les éducateurs, les professionnels de santé, les cheminots, les fonctionnaires. Sans jamais risquer que leurs propres défaillances ne soient mises en lumière.
En quoi les sujets médiatiques de prédilection nuisent-ils aux missions de nombreux salariés, notamment des services publics ? Quel effet le « travail » des journalistes produit-il sur celui d’autres agents sociaux ? En quoi les médias, tels qu’ils sont organisés, pèsent-ils sur une vision progressiste de la démocratie ?

Le documentaire « Cas d’école » se veut une réflexion sur ces questions.

Il prend pour point de départ un fait-divers touchant des personnels de l’Education Nationale. En janvier 2012, le suicide d’une élève scolarisée dans un collège de Lens (62) classé en éducation prioritaire est instantanément érigé par la presse en exemple typique du « phénomène » de harcèlement scolaire. Dès lors, les journalistes, s’appuyant sur l’indispensable figure de l’« expert », enfilent la tenue de preux chevaliers désintéressés et exigent des explications. Ou plutôt des aveux. Et débobinent un scénario usé jusqu’à la corde, fait de titres sanguinolents, de déclarations à l’emporte-pièce, de propos mensongers.
C’est aux principaux intéressés, les personnels de cet établissement, que nous avons proposé de déconstruire le rôle joué par la presse à cette occasion. Ils réagissent à leur mise en accusation dans ce drame et évoquent les effets destructeurs du traitement médiatique sur leur mission de service public, et sur l’image des enseignants. Ainsi, à la figure classique de l’enseignant-fonctionnaire corporatiste et arc-bouté sur ses acquis, les médias greffent celle d’un pédagogue irresponsable et coupable de négligence.
En élargissant le champ au contexte économique et social – sans cesse occulté -, en rendant au collège une épaisseur historique, « un cas d’école » reconstruit une autre histoire que celle racontée par les journalistes.

 

Billet posté par Administrateur Nada-info.fr
le 25 février 2014