Ce blog est un outil. Il ne remplace pas votre jugement. Il l’équipe. Et pour l’équiper, nous proposons une méthode de lecture simple, réutilisable, pensée pour fonctionner même quand vous manquez de temps.
Premier repère : la source. Qui parle ? D’où vient l’information ? Est-ce un document, un témoignage, une déclaration, une statistique ? La source est-elle directe, ou rapportée ? Une dépêche n’est pas une enquête. Un communiqué n’est pas une preuve. Un extrait de plateau n’est pas un dossier. Savoir nommer la source, c’est déjà réduire le risque d’erreur.
Deuxième repère : le niveau de preuve. Un article peut être rigoureux tout en restant prudent. Il peut aussi être affirmatif sans preuves solides. Nous insistons sur un point : l’incertitude n’est pas un défaut quand elle est assumée. Dire “on ne sait pas encore” est parfois plus honnête que remplir le vide. Nous valorisons les formulations qui distinguent “confirmé”, “rapporté”, “en cours de vérification”, “selon”, “d’après”. Et nous questionnons celles qui transforment une hypothèse en fait.
Troisième repère : la chronologie. Beaucoup de confusions médiatiques viennent d’une chronologie mal comprise : un élément ancien redevient viral, une correction tardive n’est pas vue, une rumeur précède la confirmation, un extrait est sorti de son contexte temporel. Reconstituer la chronologie, c’est retrouver l’ordre réel des informations. C’est une discipline simple et très efficace.
Quatrième repère : la distinction fait/commentaire. En France, le commentaire occupe une place centrale, notamment sur les plateaux et dans certaines formes de radio et de télévision. Le commentaire n’est pas illégitime. Il devient un problème quand il se fait passer pour un fait, ou quand il prend le pas sur l’information disponible. Décrypter, c’est repérer quand le commentaire “remplit” un manque de données.
Cinquième repère : le cadrage et ses effets. Un même événement peut être raconté comme un scandale, une crise, une victoire, une preuve, un symptôme, un conflit. Ces choix ne sont pas toujours explicités. Nous travaillons à les rendre visibles. Non pour “démasquer” à tout prix, mais pour éclairer : si vous changez de cadrage, comprenez-vous différemment ? Si oui, alors le cadrage est un enjeu, et il mérite d’être discuté.
Ces repères se déclinent en questions très concrètes que vous pouvez garder en tête :
- Qu’est-ce qui est vérifié ici, et qu’est-ce qui est interprété ?
- Le titre décrit-il le contenu, ou produit-il une conclusion anticipée ?
- Quelle information manquerait pour être sûr ?
- Qu’est-ce qui est mis en avant, et qu’est-ce qui est relégué ?
- Le contenu s’appuie-t-il sur des sources identifiables ?
À partir de là, vous pouvez explorer le reste du blog selon vos besoins. Si vous vous demandez pourquoi certains sujets dominent l’espace médiatique, nous analysons les mécanismes de hiérarchisation et de concurrence. Si vous voulez comprendre la place des chaînes d’info et du direct, nous expliquons ce que le direct fait à l’information et ce qu’il ne peut pas faire. Si vous cherchez des repères sur la lecture des chiffres, nous revenons sur les pièges classiques : pourcentages sans base, moyennes trompeuses, corrélations présentées comme des causalités, graphiques qui suggèrent plus qu’ils ne démontrent. Si vous voulez mieux distinguer information et opinion, nous proposons des critères simples, réutilisables.
Nada-Info Décrypte est un engagement : celui de prendre au sérieux le lecteur. Pas en le rassurant, pas en le flattant, pas en jouant sur la peur. En lui donnant des outils pour comprendre un paysage médiatique complexe, en France, tel qu’il fonctionne réellement : avec ses forces, ses contraintes, ses angles morts, ses bonnes pratiques, et ses dérives possibles.
Si vous voulez commencer tout de suite, lisez un premier décryptage, puis revenez à cette page avec une idée en tête : l’information n’est pas seulement ce qui arrive. C’est aussi la manière dont on le raconte. Et cette manière-là, on peut l’apprendre, la questionner, et parfois la corriger.